Mario n'a pas de caractère ; son entourage en a pour deux. C'est une répartition classique en fiction populaire : le personnage central reste neutre pour que le joueur s'y installe, et les seconds rôles portent les traits marqués. Luigi est peureux, Peach est souveraine, Bowser est théâtral, Wario est cupide. Aucun de ces adjectifs ne s'applique à Mario.
La conséquence est que la plupart des articles de la boutique sur les personnages sont plus riches que celui sur le héros lui-même — il y a simplement plus à dire. Le casting complet est traité sur la page des personnages et celle des ennemis ; les quatorze fiches ci-dessous retiennent uniquement ceux dont l'existence éclaire quelque chose du personnage principal.
Une relation reste volontairement floue depuis quarante ans, et ce flou obéit exactement à la même logique que l'absence de biographie.
LuigiLe frère jumeau, cadet et plus grandNé en 1983 comme simple second joueur en vert, Luigi a gagné une personnalité entière à partir de différences de maniabilité : il saute plus haut, freine moins bien, glisse. Ces écarts techniques sont devenus des traits de caractère — la maladresse, la peur, l'éternel second. C'est l'un des rares personnages dont la psychologie découle littéralement de son code.
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Luigi's MansionSa série à lui, où Mario est absentLe renversement est complet : Luigi devient héros d'une série d'exploration hantée où c'est Mario qu'il faut secourir. Le personnage y tremble, sursaute et avance à contrecœur, ce qui fournit un registre comique que la série principale n'a jamais pu offrir. Trois épisodes plus tard, c'est devenu une branche autonome de la marque. Le premier épisode est sorti en 2001 comme jeu de lancement de la GameCube, à une place que tout le monde attendait pour un Mario classique.
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Princesse PeachSouveraine, plus seulement captiveAppelée Princess Toadstool en Occident jusqu'à ce que Super Mario 64 impose « Peach » en 1996, elle dirige un royaume, participe aux courses et aux sports depuis les années 1990, et a fini par obtenir ses propres jeux. Sa fiche est nettement plus fournie que celle de Mario, parce qu'elle a une fonction politique, un lieu de pouvoir et des pouvoirs propres — trois choses que le héros n'a pas.
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Peach et MarioQuarante ans d'ambiguïté entretenueGâteaux, lettres, baisers sur la joue, gestes tendres : les indices existent, aucune déclaration officielle ne les confirme. Nintendo entretient le flou avec constance, pour la même raison qu'il refuse de donner un passé à Mario — une relation établie fermerait des portes narratives et daterait le personnage. L'article les recense sans trancher, jusqu'à la demande en mariage d'Odyssey en 2017 — que Peach décline, celle de Bowser comprise. Les épisodes de rôle, plus bavards, sont les seuls à aller un peu plus loin — et ils le font sur le mode de la plaisanterie.
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Peach, Pauline, DaisyTrois trajectoires en quarante ansComparer Pauline, Peach et Daisy raconte l'évolution du rôle féminin dans la série : de la captive muette de 1981 à la maire d'une métropole, en passant par une souveraine devenue jouable puis héroïne. L'évolution est réelle, inégale, et suit d'assez près celle du reste de l'industrie. L'article compare aussi leurs rôles dans les jeux dérivés, où elles sont devenues jouables bien avant de l'être dans la série principale. C'est souvent par le sport et la course que l'évolution a commencé.
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Princesse DaisyLa princesse venue du Game BoyApparue dans le premier épisode portable, Daisy règne sur un royaume qui n'a presque jamais été revu depuis. Oubliée onze ans, elle est rappelée par Mario Tennis sur Nintendo 64 en 2000, et survit depuis par les jeux de sport et de course, où son tempérament tranché contraste utilement avec Peach. C'est un cas typique de personnage sauvé par les séries dérivées plutôt que par la série principale.
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HarmonieCelle qui a droit à un vrai passéGardienne de l'observatoire spatial des épisodes Galaxy, Harmonie possède quelque chose d'unique dans la série : un passé raconté, sous forme d'un livre lisible chapitre par chapitre, mélancolique et étonnamment triste. Dans un univers qui refuse la biographie, c'est l'exception qui confirme à quel point le choix est délibéré ailleurs. Son livre n'est pas obligatoire pour finir le jeu : il faut le chercher, chapitre après chapitre, ce qui en fait un récit réservé aux joueurs curieux. Peu de gens l'ont lu en entier.
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YoshiLa monture devenue personnageMiyamoto rêvait d'une monture dinosaure depuis la NES sans que la machine le permette. Introduit dans l'épisode Super Nintendo sur un design de Shigefumi Hino, Yoshi a suivi le chemin inverse de la plupart des seconds rôles : d'objet de jeu à personnage, puis à héros de sa propre série. Sa langue, sa capacité à avaler et à transformer ce qu'il avale ont donné aux concepteurs un verbe que Mario n'aura jamais. Il existe aussi en plusieurs couleurs aux capacités distinctes, et sa propre série d'aventures adopte une esthétique de dessin d'enfant sans équivalent ailleurs.
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ToadLe peuple champignon, en un personnageToad est moins un individu qu'une fonction : celui qui accueille, informe, et annonce que la princesse est dans un autre château. La série a longtemps joué de cette ambiguïté entre personnage unique et espèce entière, avant de lui donner ses propres aventures d'exploration, où il ne saute pas. L'espèce existe depuis 1985, mais il faut attendre Super Mario Bros. 2 en 1988 pour le jouer. Ses aventures en solo reposent entièrement sur la rotation de la caméra pour révéler des chemins cachés, puisqu'il ne peut pas franchir les obstacles en sautant.
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ToadetteCréée pour les jeux dérivés, restéeApparue d'abord dans les jeux de course et de fête, Toadette a gagné sa place dans la série principale, jusqu'à disposer d'une transformation qui lui est propre. Son parcours illustre une constante : chez Nintendo, un personnage secondaire créé pour un spin-off finit régulièrement par intégrer le canon principal. Sa transformation propre, obtenue avec une couronne, a suscité un phénomène internet d'une ampleur que Nintendo n'avait manifestement pas anticipée.
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BowserL'adversaire de toute une carrièreRoi des Koopas depuis 1985, Bowser est, avec son frère et Peach, l'une des rares constantes de sa vie. Sa constance est ce qui permet à la série de se passer d'intrigue : le conflit est acquis, on n'a jamais besoin de l'exposer. Miyamoto l'avait imaginé en bœuf ; c'est Takashi Tezuka qui en a fait une tortue, et Yoichi Kotabe qui l'a hérissé de pointes. Il a par ailleurs une famille, un royaume et un fils, soit plus de biographie que le héros.
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Donkey KongLe tout premier adversaire, devenu alliéC'est par lui que Mario existe : sans le gorille de 1981, pas de Jumpman. Leur relation a suivi une trajectoire rare — antagoniste, puis rival de course et de sport, puis personnage à part entière avec sa propre lignée de jeux. Peu de méchants originels ont été aussi complètement réhabilités. Le personnage a d'ailleurs eu droit à sa propre trilogie sur Super Nintendo, développée en Angleterre, qui compte parmi les jeux les plus vendus de la machine.
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WarioLe négatif du héros, littéralementSon nom mêle « Mario » et le japonais warui, « mauvais » : tout est dit. Cupide là où l'autre est désintéressé, brutal là où l'autre est agile, Wario a rapidement échappé à son rôle d'antagoniste pour fonder ses propres séries, de la plateforme aux micro-jeux. Il occupe une place étrange : ni ennemi, ni allié, simplement ailleurs. Sa série de micro-jeux, où il faut réagir en quelques secondes à des consignes absurdes, est devenue l'une des plus inventives du catalogue Nintendo.
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WaluigiCréé pour compléter une équipe de doubleSon origine est prosaïque : il manquait un partenaire à Wario pour un jeu de tennis en double. Son emblème est d'ailleurs un « L » retourné. De cette naissance utilitaire est né un personnage sans jeu à lui, dont l'absence perpétuelle est devenue une plaisanterie durable parmi les joueurs. C'est sans doute le membre du casting dont la popularité repose le plus sur ce qu'il n'a pas.
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