Mario Bros. (1983) : le chaînon manquant de la saga

Mario Bros. (1983) : le chaînon manquant de la saga

1173 mots | Temps de lecture : 5 minute(s)

Avant les champignons et la Princesse Peach, il y a eu les égouts. En 1983, Nintendo sort une borne d'arcade au nom sobre : Mario Bros. (Mario Bros. — titre identique en français comme en anglais). C'est le tout premier jeu d'arcade à porter le nom de la mascotte.

Coincé entre Donkey Kong (1981) et Super Mario Bros. (1985), ce petit jeu est un géant discret : il transforme Mario en plombier, révèle Luigi et pose des mécaniques encore bien vivantes aujourd'hui.

Sommaire


Le chaînon manquant entre deux légendes

En 1981, un certain Jumpman grimpe aux échafaudages de Donkey Kong pour sauver sa belle : c'est le futur Mario. Deux ans plus tard, il décroche enfin un jeu qui porte son nom, Mario Bros., borne d'arcade sortie le 21 juin 1983 (Japon). C'est le premier jeu d'arcade de la série à s'appeler « Mario ».

Développé par Nintendo R&D1, conçu par Shigeru Miyamoto et produit par Gunpei Yokoi, ce jeu de plateforme est le véritable trait d'union entre Donkey Kong et le futur Super Mario Bros.. Beaucoup d'ingrédients de la légende y sont posés pour la première fois.


Mario devient plombier

Dans Donkey Kong, Mario était présenté comme charpentier. C'est Mario Bros. qui fait de lui un plombier, un métier resté sa signature depuis. L'action quitte le chantier pour les égouts de New York, envahis par d'étranges créatures qui remontent par les canalisations.

Pourquoi la plomberie ? Shigeru Miyamoto l'a expliqué : le décor regorgeait de tuyaux, il paraissait donc logique que le héros soit plombier. Le personnage passe ainsi de la salopette de charpentier à celle, presque identique, du plombier moustachu que l'on connaît.


Luigi entre en scène

La grande nouveauté humaine, c'est Luigi. Pour permettre le jeu à deux en simultané — une première dans la série — Nintendo crée un second personnage par simple palette swap : une copie de Mario habillée de vert et de blanc. Luigi est littéralement né d'une astuce technique.

Attention toutefois à une idée reçue : si la borne d'arcade est souvent citée comme les débuts de Luigi, un jeu Game & Watch homonyme, sorti le 14 mars 1983 (Japon), l'avait précédée d'environ trois mois. L'arcade reste néanmoins le jeu qui fixe son image de frère cadet en vert.


Pièces, tuyaux et bloc POW : la boîte à outils

Sous ses airs simples, Mario Bros. est une véritable boîte à outils pour la saga. Les tuyaux verts, par lesquels surgissent les ennemis, deviendront un décor incontournable. Les pièces font aussi leur entrée dans la série : on les ramasse notamment lors des phases bonus.

La star, c'est le bloc POW, placé au centre de l'écran. Le frapper d'en dessous retourne d'un coup tous les ennemis présents (sauf les mouches en plein saut). Utilisable trois fois par tableau, il fait ici ses débuts avant de traverser des décennies de jeux Mario.


Un bestiaire fondateur

Les ennemis se vainquent sans jamais leur sauter dessus : il faut frapper la plateforme juste sous leurs pattes pour les renverser, puis les éjecter d'un coup de pied avant qu'ils ne se relèvent. Une mécanique renversante, au sens propre.

  • Shellcreeper : la petite tortue verte, toute première tortue de l'univers Mario et ancêtre directe des futurs Koopa Troopa.
  • Sidestepper : un crabe coriace qui exige deux coups — le premier l'énerve et l'accélère, le second le retourne.
  • Fighter Fly : une mouche sauteuse que l'on ne peut renverser que lorsqu'elle touche une plateforme.

S'y ajoutent le Slipice, qui gèle les plateformes, et des boules de feu. Faute de noms officiels en français, ces créatures conservent leurs appellations anglaises d'origine.


Un héritage qui coule de source

Deux ans plus tard, Super Mario Bros. (1985) reprend le duo, les tuyaux et l'esprit du jeu pour inventer la plateforme moderne. Le Shellcreeper, lui, laisse sa carapace aux Koopa Troopa ; dans certaines rééditions, il est même remplacé par un Spiny pour éviter la confusion.

Porté sur Famicom puis maintes fois réédité, Mario Bros. a aussi popularisé le versus à deux joueurs. Petit par la taille, immense par la descendance : c'est bien ici que naissent le plombier, son frère et la panoplie qui feront la fortune de Nintendo.


Mario Bros. (1983) en bref

Nom (France) Mario Bros.
Nom original (Japon) マリオブラザーズ (Mario Burazāzu)
Sortie (Japon) 21 juin 1983 (borne d'arcade)
Développeur Nintendo R&D1
Conception Shigeru Miyamoto (design), Gunpei Yokoi (production)
Genre Jeu de plateforme / action
Joueurs 1 à 2 en simultané
Nouveautés pour la série Luigi, Mario plombier, pièces, tuyaux, bloc POW

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FAQ

  • Mario Bros. est-il le tout premier jeu avec Mario ?
    C'est le premier jeu à porter son nom, mais pas sa première apparition : Mario était déjà présent en 1981 dans Donkey Kong, sous le nom de Jumpman.
  • Est-ce vraiment le premier jeu avec Luigi ?
    La borne d'arcade (juin 1983, Japon) est souvent citée comme ses débuts, mais un jeu Game & Watch homonyme, sorti en mars 1983 au Japon, le précède d'environ trois mois.
  • Pourquoi Mario est-il devenu plombier dans ce jeu ?
    Selon Shigeru Miyamoto, le décor rempli de tuyaux, dans les égouts de New York, rendait logique de faire du héros un plombier. Il était charpentier dans Donkey Kong.
  • À quoi sert le bloc POW ?
    Frappé d'en dessous, le bloc POW retourne d'un seul coup tous les ennemis à l'écran (sauf les mouches en plein saut). Il est utilisable trois fois par tableau.
  • Quel est le lien entre les Shellcreeper et les Koopa Troopa ?
    Le Shellcreeper est la toute première tortue de l'univers Mario et a directement inspiré les Koopa Troopa. Dans certaines rééditions, il est remplacé par un Spiny.
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